Nicolas Sarkozy : «A chaque fois que le PS est aux responsabilités, le FN monte. C’est un fait. Pourquoi, quand la gauche est au pouvoir, le FN monte ?»

Jean-Michel Aphatie : «Il monte même quand vous êtes au pouvoir, vous !»

Nicolas Sarkozy : «Ce n’est pas vrai, monsieur Aphatie, pardon. J’ai été deux fois candidat à la présidentielle face à Madame Le Pen et face à son père, et les deux fois, le candidat FN était 10 points derrière moi.»

Plus tard, Jean-Michel Aphatie, qui a rassemblé quelques notes, revient sur le dossier : «Un point d’histoire, le FN monte quand la gauche est au pouvoir et quand la droite est au pouvoir. Vous avez été candidat en 2007, Jean-Marie Le Pen fait 10% des votes, vous avez été candidat en 2012, Marine Le Pen a fait 18% des voix.»

Nicolas Sarkozy : «Non non non, pardon. Ce n’est pas exact.»

J-M Aphatie (étonné) : «Les chiffres que je vous ai donnés sont exacts.»

Nicolas Sarkozy (un peu balbutiant) :  «… Vous comparez… Il y avait d’autres candidats de l’extrême droite, notamment M. Mégret, à l’élection présidentielle de 2007»

DÉSINTOX. Louons Jean-Michel Aphatie d’avoir opéré en live un désintox – même partiel – de Nicolas Sarkozy. Car l’exemple des deux campagnes présidentielles que donne l’ex-président n’est guère probant quant à sa capacité à faire refluer le FN, ou même à la stabiliser. Comme le dit Aphatie, Jean-Marie Le Pen a réalisé 10% au premier tour de la présidentielle 2007. Après cinq ans de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, Marine Le Pen avait glané près de 18% des voix au premier tour de la présidentielle 2012. Et c’est certes 10 points de moins que ce qu’avait réalisé Nicolas Sarkozy, mais c’est 8 de plus que ce qu’avait obtenu Jean-Marie Le Pen cinq ans auparavant.

Les résultats du premier tour en 2007

 

 

Et les résultats du premier tour en 2012

 

 

Impossible de nier que le FN a progressé entre 2007 et 2012, à l’aune des résultats des deux élections. Impossible, sauf à sortir une botte secrète, ce que fait, toute honte bue, Nicolas Sarkozy. A l’en croire, les scores du FN en 2007 et 2012 sont incomparables, puisqu’en 2007, il y avait «d’autres candidats de l’extrême droite», dont «Bruno Mégret». Ce qui est inexact. Si Bruno Mégret, après la scission du FN, a bien été candidat contre Jean-Marie Le Pen, c’était en 2002… Mais pas en 2007. En 2007, il y avait à l’extrême droite du spectre politique Philippe de Villiers, qui avait réalisé 2,23% au premier tour. Même en additionnant les voix de Villiers à celles de Jean-Marie Le Pen, on arrive à moins de 13% pour l'«extrême droite». Soit cinq points de moins que le score de Le Pen fille cinq ans plus tard.

Et Nicolas Sarkozy peut bien tourner les suffrages dans tous les sens et inventer pléthore de candidats, il a bien vu monter le FN pendant son mandat.